05/06/2013

Le PLR meilleur allié du MCG

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Depuis plusieurs jours, le tout petit monde municipal genevois bruissait d’une rumeur insistante : le PLR va « faire un putsch » et mettre en orbite son « poulain » au bureau  pour s’arroger, l’an prochain, la présidence du Conseil municipal au détriment du candidat d’Ensemble à Gauche.

(photo © Demir Sönmez)


le contexte

Hors des clivages politiques, il est d’usage pour les différentes formations élues au Conseil municipal de la Ville de Genève de s’entendre, au début de chaque législature, sur une répartition équitable des sièges tant au bureau que dans les diverses commissions.

Après plusieurs années durant lesquelles la gauche majoritaire – verte, rose, rouge - obtenait 3 présidences du bureau et la droite, minoritaire, une seule, la répartition des forces a changé. Droite et gauche n’ont pas de majorité absolue, quatre conseillères ou conseillers siègent en indépendants et les nouveaux venus du MCG se réclament « ni de droite ni de gauche ». Il a donc été convenu entre tous les partis d’alterner gauche et droite au cours de ces quatre ans.

stratèges de pacotille

Malgré cet accord, le PLR a décidé, unilatéralement, de rompre cet équilibre entre les groupes qui l'ont scellé en début de législature. Il a tenté de rallier à son stratagème les centristes du PDC (démocrates chrétiens) et les partis de la "droite de la droite" que sont l'UDC et le MCG.

Cette manoeuvre politicienne, séduisante pour la droite de prime abord, n'était néanmoins pas sans danger. Le complot imaginé par ces stratèges de pacotille allait certainement remettre en cause l’ensemble des accords d’organisation du Conseil municipal et ainsi nuire, plus encore qu’aujourd’hui, à la tenue, trop souvent chaotique, de nos délibérations.

l’occasion fait le larron

Pour le MCG - un mouvement qualifié de populiste, composé de transfuges issus des partis de droite et dirigé d’une main de fer par quelque démagogue au verbe haut et au menton volontaire – l’occasion de s’ériger en "faiseur de rois" ne pouvait pas être ratée. Arguant - la main sur le coeur, mais non sans raison - du nécessaire respect de la parole donnée et des accords passés en début de législature, ce parti a donc laissé le PLR à son minable complot pour soutenir par son vote le candidat de la gauche unie.

Double gain pour le MCG : il peut désormais revendiquer, à titre de contrepartie, toute sa place dans les instances dirigeantes futures du parlement municipal et, il conforte son rôle de soutien indispensable à la construction de toute majorité municipale.

traversée du désert

Après une telle pitoyable déroute due à l’incompétence stratégique et tactique de ses dirigeants, le PLR va certainement entamer une longue traversée du désert en Ville de Genève. En effet, échaudés par le manque de fiabilité de ce parti incapable de tenir sa parole, les autres groupes ne seront certainement pas enclins à soutenir ses candidats aux prochaines élections. Donc, si le paysage électoral en Ville de Genève n’est pas bouleversé dans deux ans, ce n’est qu’en 2018 au mieux qu’un membre du PLR pourrait accéder au « perchoir »… Et encore, rien n'est moins sûr.

D’ici là, le MCG - devenu incontournable à défaut d’être tout à fait fréquentable – aura gagné la respectabilité après laquelle il courait sans succès et que le PLR, désormais son meilleur allié objectif, lui a offerte hier soir, sur un plateau.

Vae victis !

 

Commentaires

en bon staliniste on se met en scène, à défaut de pouvoir se mettre en valeur, sur son propre blog!

La doctrine élevée au rang de religion, un comble pour une ultra laïc!

Chère Madame ou cher Monsieur Vergas. Je ne saisis pas le sens de votre commentaire car il n'a pas de lien direct avec ce billet. Je le publie néanmoins volontiers, en vous faisant remarquer toutefois :
1/ que l'on dit "stalinien" et non "staliniste"...
2/ que le terme "ultre laïc" n'a aucun sens puisque la laïcité n'est pas une opinion, c'est le droit d'en avoir une.
Merci de votre intérêt.
P. Gauthier

Écrit par : dominique Vergas | 05/06/2013

Comment, M. Gauthier, pouvez-vous ainsi accuser les autres partis de commettre un putsch qu'Ensemble à Gauche avait sérieusement envisagé, afin d'empêcher qu'un UDC devienne président du Municipal? Quand on fait ce genre d'accusations, on ne devient pas intentionnellement amnésique quant à sa propre hypocrisie...

Cher Monsieur, vous faites erreur. En début de législature municipale, tous les partis représentés au plénum ont décidé du "tournus" des présidences. Le choix de la personne à qui serait attribuée la présidence de droite de la troisième année était déjà connu l'an dernier puisqu'il est d'usage que le premier vice-président devienne président l'année suivante. Or, vous n'êtes pas élu municipal ni l'un des chefs de groupe qui ont mené ces négociations, vous êtes donc assez malvenu d'avancer des allégations qui n'ont aucun fondement. PG

Écrit par : Anti extrêmes | 07/06/2013

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