17/02/2016

Les faits, rien que les faits.

Attila_F4_72-1.jpgAlors que les partisans du saccage du Musée d'Art et d'Histoire accumulent les déclarations fantaisistes dans une presse toute acquise à leurs lubies, il est important de rappeler la réalité des faits. Certes, la vérité dérange mais, c'est la vérité.

vérité n°1: gouffre à millions

Le projet initial de restauration du Musée d'Art et d'Histoire était devisé à 10 millions de francs en 1998. En 2007, le projet Nouvel est devisé à 80 millions (huit fois plus) et en 2015, frais d'études compris, à plus de 140 millions de francs... Quatorze fois le devis d'origine! Comme rien n'indique que les coûts ne vont pas continuer à grimper, ce projet est un "gouffre à millions" qui va peser lourd sur quatre générations de Genevoises et de Genevois.

vérité n°2: le prix a été sous-évalué

La facture sera d'autant plus salée que les coûts de rénovation et d'agrandissement du MAH ont été sous-évalués. Ce ne sont pas 600.- ou 850.-/m3 qu'il faut compter pour la restauration et l'agrandissement du MAH mais au moins 1075.-/m3, le prix de la restauration et l'agrandissement du Musée d'ethnographie de Genève... Faisons le calcul, les coûts prévus dans le projet "Nouvel" sont donc à majorer de 25 à 40% soit un total oscillant entre 175 et 196 millions de francs suisses. Et encore, c'est sans compter les dépassements de crédit dont Jean Nouvel, malgré son indéniable talent, est coutumier. Un gouffre à millions!

nosferatu_exem_n.jpgvérité n°3: une juteuse affaire

Sans compter les locaux administratifs et une fois installées les collections d'horlogerie et d'instruments anciens, il ne restera que 1200m2 pour les collections prêtées par la Fondation Gandur pour l'Art au MAH... Au prix actuel de l'immobilier en Vieille-Ville de Genève, il faudrait payer 400 millions de francs pour louer une telle surface pendant les 99 années du prêt... En d'autre termes, la fondation ne paye que 10% du loyer et laisse toutes les charges, la sécurité, les assurances, la conservation, l'entretien, etc. au propriétaire... Or, les propriétaires, c'est nous, les contribuables... Une juteuse affaire? Non! Un gouffre à millions!

vérité n°4: le vrai plan A, c'est le nôtre

Notre proposition d'extension vers les Beaux-Arts, les Casemates et vers l'Observatoire a toujours été considérée comme le seul plan valable, le vrai plan A. C'est ce qui a toujours été prévu et cela bien avant la construction du chef d’œuvre de Marc Camoletti. Relisons le mémorial du Conseil municipal de Genève du 9 octobre 1973 après-midi. Nous y découvrons que dès 1899, il était prévu d'étendre le futur musée vers les "Casemates" et vers l'Observatoire. Cela a été confirmé en 1921, en 1936, en 1945 et enfin en 1973 par Claude Ketterer* en personne qui déclarait: " L'extension du MAH vers le quadrilatère formé de l'école des Beaux-Arts, des immeubles de la promenade du Pin et l'annexe du collège au boulevard Jacques Dalcroze semble la solution logique la plus simple... envisagée dès l'époque de la construction du MAH."

laissebeton.jpgvérité n°5: Le plan "Z", mal ficelé et rafistolé par la paire Jucker-Nouvel est un (très) mauvais plan

Non content de détruire définitivement un des joyaux de notre patrimoine architectural, il ne remplit aucun des critères de qualité, d'éthique ou de respect des lois et des finances publiques que l'on est en droit d'exiger pour notre Cité.

Les partisans du saccage de notre patrimoine nous trompent, ils vous trompent. Leur entêtement coupable nous conduit droit à la catastrophe. Notre Cité mérite mieux que les lubies exorbitantes de quelques politiciens obtus, d'affairistes sulfureux, de dames patronnesses en voie de momification ou de petits malotrus atteints du syndrome Gilles de la Tourette.

Dire NON au projet "Nouvel", c'est dire oui à Genève, oui à la culture. C'est dire oui à l'avenir.

 

*Claude Ketterer était alors Conseiller administratif socialiste en charge de la culture en Ville de Genève

 

 

Commentaires

Bravo et merci

Écrit par : Anne Cuénod Deuber | 17/02/2016

Les commentaires sont fermés.