21/03/2018

Innocente genevoiserie ou censure sournoise?

DSC00529.JPGDe nouvelles listes et de nouveaux mouvements citoyens ont décidé de se lancer dans la course aux élections cantonales de 2018. L’émergence de ces listes est due au rejet des partis en place exprimé par la population. Les partis traditionnels, trop éloignés de la réalité, sont incapables de faire face aux enjeux du futur, notamment aux bouleversements de la révolution numérique actuellement en cours.

renouveler un monde politique sclérosé

La Liste pour Genève (LPG) que nous menons avec Magali Orsini est sans doute la plus crédible de ces nouvelles forces. Son entrée au parlement et au gouvernement est souhaitable car des personnes expérimentées y côtoient des citoyennes et des citoyens engagés dans la vie réelle. La LPG est la mieux armée et la plus riche des compétences diverses indispensables pour renouveler un monde politique sclérosé.

Comme toute nouvelle entité, la LPG dispose de peu de moyens. Elle s’est déjà insurgée contre les dépenses publicitaires indécentes faites par certains partis alors que 20% de la population cantonale gagne moins de 3'000 par mois[1]. Ce handicap est néanmoins compensé par des médias locaux qui – sauf rares exceptions – accordent une couverture assez équitable aux diverses listes électorales.

une faute inexcusable

Dans ce contexte, l’incroyable faute professionnelle faite par la Chancellerie genevoise - qui a publié sans contrôle des spécimen de bulletins de vote stupidement bidouillés - est d’une gravité inouïe. Une faute absolument inexcusable.

Outre l’aveu d’abyssale incompétence et de désinvolture que cette faute démontre, cette ridicule « genevoiserie » n’aurait-elle pas eu pour but de discréditer les nouvelles listes et de favoriser quelques politiciens soucieux de se voir éjecter de leur rente de situation par un vote populaire ? En y regardant bien, ne s’agit-il pas là d’une forme de censure ? Une « censure molle » déguisée en grosse et innocente bourde ? La question mérite d’être posée même si, à l’évidence, aucune réponse satisfaisante n’y sera jamais apportée.

censure ou gaudriole

Quoi qu’il en soit, un fonctionnaire de la République ne devrait pas pouvoir manifester, tel un potache boutonneux, son mépris des institutions qui le nourrissent. Il ne devrait pas pouvoir impunément moquer celles et ceux qui se dévouent pour servir la Cité. La censure cachée sous le masque de la gaudriole douteuse n’a pas sa place dans des affaires aussi sérieuses que celles de la gestion républicaine de la démocratie.

Pierre Gauthier, www.lalistepourgeneve.ch

  

 

[1] https://www.tdg.ch/economie/argentfinances/pauvrete-s-etend-geneve-projecteurs/story/21867916