24/10/2010

De qui se moquent les Radicaux?

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Sous le titre "les Radicaux tentent de sauver la Constituante", la Tribune a publié une interview de Murat Alder, vice-président du parti radical genevois. Je note, non sans étonnement, que les Radicaux, après avoir organisé le blocage actuel avec leurs alliés de l'entente auxquels se sont ajoutés Ge Avance, le MCG et l'UDC, se retrouvent pris à leur propre piège et ne savent plus comment en sortir.

 

L'objectif des initiateurs de la révision complète était officiellement de "toiletter", de réviser, un texte qu'ils jugeaient vétuste et alourdi des ajouts issus du succès d'initiatives populaires. Officieusement, il s'agissait surtout d'éliminer du texte fondamental toutes les dispositions contraires aux intérêts de la classe dirigeante et d'ainsi rendre la charte compatible avec les dogmes ultra libéraux qui leur servent de bréviaire. Oubliée la révision, vive l'autodafé ! La vieille technique de la "terre brûlée" si chère à Attila en quelque sorte.

 

C'est donc ce démantellement qui a été entrepris après qu'un pacte secret ait été scellé au printemps, sous l'égide des milieux économiques, entre les partis de l'entente et leurs forces supplétives, Ge Avance, MCG et UDC. Ce pacte occulte a conduit au désastre des "votes bloqués". Cela a permis à cette alliance d'occasion de balayer - parfois à une seule voix de majorité - l'ensemble des dispositions progressistes du texte actuel et de leur proposer en remplacement des "thèsounettes" sans aucune valeur ni portée. La dernière pantalonade étant la proposition de création d'une nouvelle couche administrative décisionnelle, les "districts". Cette administration supplémentaire serait située entre les administrations communales et le canton. Or, les districts sont une organisation administrative qui prévalait... en 1795 ! C'est dire si l'idée est novatrice!

Une seule avancée notoire dans cet océan de régression est néanmoins à noter. Avec le soutien de l'UDC - qui en avait fait un de ses thèmes de campagne - les droits démocratiques populaires ont pu être affermis. La Constituante a en effet voté la diminution du nombre de signatures nécessaire à l'aboutissement des initiatives et des référendums communaux et cantonaux. Il s'en est par ailleurs fallu de très peu que le quorum - pourcentage des voix nécessaire pour qu'une formation politique siège dans un parlement - ne soit relevé à 10% des suffrages exprimés, comme le revendiquaient les partis de droite. A une courte majorité, c'est le quorum actuel, fixé à 7%, qui a été malgré tout pu être maintenu par le plénum.

Aujourd'hui, tout le monde le sait et la population s'en gausse justement, la future Constitution est moribonde avant même d'avoir été rédigée. Les diktats et les ukases de la droite dure, qui n'en est pas à un retournement de veste près, ont laminé systématiquement tous les compromis atteints en commission. C'est cette attitude dévastatrice qui a conduit au blocage total.

Face à cela, les Radicaux, sans doute hantés par le fantôme de James Fazy dont ils ont depuis longtemps renié l'héritage et la mémoire, n'ont rien trouvé de mieux que de faire appel aux "partis gouvernementaux" pour sortir du piège dans lequel ils se sont eux-mêmes fourvoyés. Cette idée, outre qu'elle indique à quel point d'impuissance elle se trouve aujourd'hui, montre également que la droite affairiste et anti sociale a été beaucoup trop loin. Elle ne sait plus comment faire pour revenir en arrière sans perdre la face. L'arroseur arrosé en quelque sorte.

Or, le législateur a voulu que cette assemblée constituante ne soit pas uniquement composée de représentants de partis politiques. Au contraire en fixant un quorum de 3%, le législateur a voulu que tous les citoyens puissent être associés pleinement au processus de révision constitutionnelle. C'est ainsi que des formations - politisées, certes mais, non politiques - sont aujourd'hui largement représentées à l'assemblée. En appelant à la rescousse les seuls "partis gouvernementaux", les Radicaux entendent donc éliminer de fait, l'AVIVO, la Fédération des associations de Genève, Ge Avance, le MCG, l'UDC et SolidaritéS. Le comble du déni démocratique, quand on sait que ces formations représentent 33 élus sur 80 soit plus de 40% de ladite assemblée !

Comme le dit si justement - il est sain de savoir reconnaître ses erreurs - Murat Alder dans l'article précité: "la logique des blocs ne nous mènera à rien." Il est donc évident que la seule option possible aujourd'hui est un retour à la raison, un retour au respect des décisions populaires, un retour au respect des dispositions légales qui ont constitué cette Constituante. Que les Radicaux montrent donc l'exemple ! Qu'ils renoncent, sans équivoque, au dépeçage systématique auquel ils se sont livrés, avec l'aide de leurs alliés d'occasion, depuis ce printemps ! Qu'ils fassent machine arrière et qu'ils réintroduisent tous les éléments de l'actuelle Constitution qu'ils ont, dogmatiquement et systématiquement, démantelés et balayés!

Comme le dit le proverbe: "errare humanum est sed, perseverare diabolicum." (Il est humain de se tromper, il est diabolique de persévérer dans son erreur.)

Pierre Gauthier, constituant, élu de l'AVIVO et président de la commission des droits politiques.

11/10/2010

La pêche miraculeuse...

 

En marge du débat relatif au "nucléaire" à la Constituante genevoise...

Alors que j'étais l'assistant de Nancy Ypsilantis à "Radio-Lac", je rédigeais chaque semaine une "lettre" qui était lue par cette dernière sur les ondes de cette radio.

Cette lettre date de juin 1986, selon moi, elle n'a pas pris une ride... Aujourd'hui, c'est moi qui suis grand-père.

Bonne écoute.

Pierre Gauthier

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