27/04/2017

crapaud-buffle et moutons bruns

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Il était une fois un crapaud-buffle qui se faisait si gros en gonflant d’air son abdomen et dont le coassement était si désagréable que tous les animaux qui croisaient son chemin finirent par croire qu’il était très dangereux.

Après que le batracien eut coassé et coassé encore et gonflé et regonflé son ventre, lassés de cette cacophonie et de ce spectacle effrayant, les autres animaux décidèrent de s’en débarrasser. Ils l’envoyèrent donc siéger dans le Grand Conseil de l’arrière-cour où il pouvait faire son vacarme sans trop déranger le reste de la faune.

Tout aurait pu s’arrêter là mais le crapaud-buffle était jaloux de ses collègues. Il souffrait d’avoir une peau sèche et pustuleuse alors que certains de ses collègues animaux du Grand Conseil étaient élégants et avaient un chant suave et mélodieux. N’ayant ni le ramage ni le plumage de ceux-là, il ne cessait de tous les effrayer par son aspect repoussant et par sa manie de se gonfler et de coasser à tout instant.

un bélier fort en gueule

Lors du renouvellement du Grand Conseil de l’arrière-cour, chambardement... un grand troupeau de moutons bruns fit son entrée dans le cénacle. Menés par un bélier fort en gueule et à l’odeur tenace, le troupeau se tenait peureusement éloigné du crapaud. Mais un jour, le bélier, lassé de mener un troupeau aussi stupide, décida d’aller paître ailleurs. Et le bélier, accompagné de son petit roquet, abandonna d’un coup les moutons bruns.

Quelle aubaine pour le crapaud! Se gonflant de plus belle et coassant de plus en plus fort, le crapaud-buffle et ses petits réussirent à apprivoiser les moutons sans bélier et peu à peu firent régner leur loi sur le cénacle. Les moutons bêlaient encore mais, tout doucement. Les ânes brayaient aussi mais, discrètement. Les paresseux continuaient de dormir mais, sans ronfler… et les singes roses et verts singeaient, mais en silence, de peur de troubler le crapaud et de le mettre en colère.

moralité

Pendant ce temps-là, alors que le Grand Conseil de l’arrière-cour était tout absorbé à suivre les ordres et tous les désirs du crapaud, il s’en passait de belles au-dehors…

Les renards pillaient les poulaillers, les loups décimaient les troupeaux, les hyènes se disputaient les charognes, les rats vidaient les greniers, les coucous s’appropriaient les nids et tous les autres animaux mouraient de faim.

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Moralité : si vous croisez un crapaud-buffle, tuez-le ! Tannez sa peau et faites-en un ballon de foot !

Au moins il sera utile à quelque chose.

 

PS Toute ressemblance avec des personnages réels n’est pas fortuite…

15:54 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0)

12/12/2016

Rien ne va plus

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La séance budgétaire du Conseil municipal genevois du samedi 10 décembre s'est terminée par le renvoi du budget en commission. Fallait-il voter ce renvoi? Fallait-il ne pas le voter? Les avis sont partagés. Je pense néanmoins qu'il était indispensable de mettre un terme à la pantalonnade ridicule et au spectacle lamentable donné par ce Conseil municipal lors de cette session.

l'adoption en trois temps

L'adoption du budget est l'acte délibératif le plus important de l'année municipale, elle se déroule en trois temps.

Tout d'abord, la présentation en septembre d'un premier projet de budget par le Conseil administratif et son envoi pour étude et éventuels amendements (modifications) en commissions des finances et spécialisées.

Ensuite, l'étude proprement dite du budget et ses éventuelles modifications par la commission des finances qui a environ quatre mois pour travailler. C'est durant cette période que le canton transmet les données fiscales définitives au Conseil administratif qui révise son projet de budget en conséquence.

Enfin, la discussion finale en séance plénière du Conseil municipal. Cette dernière séance étant destinée à travailler sur les propositions formulées par la Commission des finances et sur la version finale intégrant les données fiscales du canton ainsi que les amendements adoptés en commission.

une majorité incapable d'assumer ses responsabilités

Or, durant les quatre mois qui lui étaient alloués, la majorité de droite de la Commission des finances n'a pas proposé de modifications au projet de budget. Ainsi, force est de constater que cette majorité PLR, PDC, UDC et MCG a failli à son devoir délibératif et s'est montrée incapable d'assumer les responsabilités qu'elle ne cesse de revendiquer. C'est grave.

La session budgétaire était donc très mal "emmanchée". Ce refus majoritaire indique que cette majorité de droite fuit ses responsabilités et manque à tous ses devoirs. À cette incapacité politique de la droite s'est ajoutée la faillite du système de vote informatique de la salle de l'Hôtel de Ville. Enfin, alors que la droite n'a rien fait pendant quatre mois en commission, elle a jugé intelligent (!) de déposer une avalanche d'amendements en plénière. 

Travailler sur un budget est une affaire complexe et sérieuse qui demande du temps, de la précision et la possibilité de récolter des informations sur les enjeux discutés. C'est déjà difficile au sein d'une commission de quinze personnes, c'est "mission impossible" en séance plénière de quatre-vingt élus. 

maquiller son incapacité politique

Ainsi, même si personne n'est dupe de la manœuvre un peu grossière de la droite qui a proposé de renvoyer le budget en commission pour maquiller son incapacité politique, il n'était pas envisageable de continuer à siéger en session budgétaire dans les conditions de ce samedi 10 décembre. C'est pour cela que, comme les Verts et d'autres élus de gauche, j'ai soutenu le renvoi en commission des finances.

Concrètement, si les commissaires aux finances décidaient de faire sérieusement leur travail au lieu de se perdre dans des postures politiciennes stériles, en deux séances, la commission des finances pourrait avoir terminé son travail et le Conseil municipal pourrait adopter un budget 2017 en à peine 2 heures de séance... La loi nous donne jusqu'au 31 décembre pour le faire... Si les commissaires aux finances décidaient de faire sérieusement leur travail...

La moralité de cette pantalonnade est que la population est lasse d'une majorité d'élues et d'élus de droite dont le comportement infantile est une insulte à la démocratie. Qu'on ne s'étonne pas de voir les citoyennes et les citoyens bouder les urnes ou, pour une minorité, confier ses destinées à des démagogues et des populistes qui, pourtant, se fichent comme d'une guigne des problèmes rencontrés par les plus démunis d'entre nous.

respecter le peuple

Il est temps d'aborder la politique "autrement" et, en priorité, de respecter le peuple d'où les élus tirent leur légitimité le temps de leurs mandats. Le temps des petites manœuvres politiciennes est révolu.

Comme le dit notre Constitution: "La souveraineté réside dans le peuple, qui l’exerce directement ou par voie d’élection. Tous les pouvoirs politiques et toutes les fonctions publiques ne sont qu’une délégation de sa suprême autorité."

Je souhaite qu'après cette démonstration d'incompétence où la droite s'est moquée ouvertement de la population qui l'a élue, le retour de manivelle soit sévère et sans appel.

 

 

 

 

04/11/2016

principe de Peter - principe de Rémy

685624_pic_970x641.jpgDécidément, le président du Conseil municipal genevois se distingue chaque session un peu plus. Celui que l’on considérait jusqu’à son élection comme l’éternel « Poulidor du perchoir » - tant ont été nombreuses et infructueuses ses tentatives d’accéder au maillet - nous a donné ce mercredi 2 novembre l’illustration vivante du célèbre « principe de Peter ».

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