19/11/2018

Laïcité

Alors qu’en Suisse on vote sur l’initiative dites des « juges étrangers », un autre combat se profile à Genève. En février 2019, notre République et canton de Genève - fille des Lumières et du Printemps des peuples - votera pour ou contre une loi sur la laïcité de l’État adoptée par le parlement cantonal après deux ans et demi d'intenses travaux en commission des droits de l’Homme.

DSC08266.JPGGenève est républicaine, indépendante et révolutionnaire. Elle a de tous temps résisté victorieusement aux nombreuses tentatives étrangères visant à limiter voire à anéantir ses « franchises » et ses libertés. Genève est laïque depuis 1907 car elle a su se libérer, non sans mal, de la tutelle religieuse ; de celle des Princes Évêques comme de celle des Calvinistes. Nul autre canton suisse que Genève ne symbolise autant le couple désormais indissociable Liberté-Laïcité.

Et pourtant… La loi était devenue nécessaire pour renouveler le contrat laïque qui unit le peuple à sa République. Or, un amalgame hétéroclite d’obscurantistes sexistes, de paltoquets bobos et de paternalistes réactionnaires a décidé de la contester, par référendum. Le contrat social remis à jour et dépoussiéré afin de mieux garantir nos libertés est donc aujourd'hui en grave danger.

Ces partisans du renvoi des femmes au fourneau, adeptes de l’alliance du sabre et du goupillon, et destructeurs de la neutralité confessionnelle de nos institutions veulent abuser les Genevoises et les Genevois. Ils usent de la même rhétorique que le sinistre Big Brother de 1984. Allons-nous nous laisser berner par leurs slogans aussi mensongers que « la guerre, c’est la paix, la liberté c’est l’esclavage, l’ignorance, c’est la force » ?

Une loi, même imparfaite, vaudra toujours mieux que la bride sur le cou laissée aux racistes et aux intégristes de tous poils. Qu'on ne s'y trompe pas, les référendaires sont les idiots utiles d’un communautarisme qui enferme chacun dans la prison de l’assignation identitaire.

Or, il faut sans cesse le rappeler, ce communautarisme-là n’est que la face qui se veut présentable de l’apartheid.

OUI à la loi sur la laïcité de l’État!

21/03/2018

Innocente genevoiserie ou censure sournoise?

DSC00529.JPGDe nouvelles listes et de nouveaux mouvements citoyens ont décidé de se lancer dans la course aux élections cantonales de 2018. L’émergence de ces listes est due au rejet des partis en place exprimé par la population. Les partis traditionnels, trop éloignés de la réalité, sont incapables de faire face aux enjeux du futur, notamment aux bouleversements de la révolution numérique actuellement en cours.

renouveler un monde politique sclérosé

La Liste pour Genève (LPG) que nous menons avec Magali Orsini est sans doute la plus crédible de ces nouvelles forces. Son entrée au parlement et au gouvernement est souhaitable car des personnes expérimentées y côtoient des citoyennes et des citoyens engagés dans la vie réelle. La LPG est la mieux armée et la plus riche des compétences diverses indispensables pour renouveler un monde politique sclérosé.

Comme toute nouvelle entité, la LPG dispose de peu de moyens. Elle s’est déjà insurgée contre les dépenses publicitaires indécentes faites par certains partis alors que 20% de la population cantonale gagne moins de 3'000 par mois[1]. Ce handicap est néanmoins compensé par des médias locaux qui – sauf rares exceptions – accordent une couverture assez équitable aux diverses listes électorales.

une faute inexcusable

Dans ce contexte, l’incroyable faute professionnelle faite par la Chancellerie genevoise - qui a publié sans contrôle des spécimen de bulletins de vote stupidement bidouillés - est d’une gravité inouïe. Une faute absolument inexcusable.

Outre l’aveu d’abyssale incompétence et de désinvolture que cette faute démontre, cette ridicule « genevoiserie » n’aurait-elle pas eu pour but de discréditer les nouvelles listes et de favoriser quelques politiciens soucieux de se voir éjecter de leur rente de situation par un vote populaire ? En y regardant bien, ne s’agit-il pas là d’une forme de censure ? Une « censure molle » déguisée en grosse et innocente bourde ? La question mérite d’être posée même si, à l’évidence, aucune réponse satisfaisante n’y sera jamais apportée.

censure ou gaudriole

Quoi qu’il en soit, un fonctionnaire de la République ne devrait pas pouvoir manifester, tel un potache boutonneux, son mépris des institutions qui le nourrissent. Il ne devrait pas pouvoir impunément moquer celles et ceux qui se dévouent pour servir la Cité. La censure cachée sous le masque de la gaudriole douteuse n’a pas sa place dans des affaires aussi sérieuses que celles de la gestion républicaine de la démocratie.

Pierre Gauthier, www.lalistepourgeneve.ch

  

 

[1] https://www.tdg.ch/economie/argentfinances/pauvrete-s-etend-geneve-projecteurs/story/21867916

19/01/2018

L'école sanctuaire républicain

À la suite au débat qui s'est tenu au Conseil municipal de la Ville de Genève ce mercredi 17 janvier, je vous livre quelques réflexions sur l'école, le plus sacré des sanctuaires républicains.

sanctuariserphoto.jpgSurfant sur la vague « baba-cool » des années ‘70’ et ‘80’, les cours de récré des écoles communales se sont ouvertes. Sous l’impulsion du Conseiller administratif de la Ville de Genève, Guy-Olivier Segond, adieu les barrières, bonjour les tables et bancs ! Les préaux se sont ainsi mués en espaces de rencontres ouverts à toutes et tous, en forums modernes. Ils ont alors permis aux diverses populations des quartiers urbains de retrouver une convivialité perdue... Mais ça, c’était hier…

fêtards en goguette

Doucement mais inexorablement, la situation s’est dégradée. Aujourd’hui, les forums hier conviviaux sont devenus dépotoirs de détritus, de bouteilles cassées ou de mégots. Ils sont trop souvent souillés des déjections de fêtards en goguette quand ils ne sont pas squattés par quelques dealers. À tel point que profs, parents et habitants hésitent désormais à laisser des enfants jouer dans des cours de récréation dont l’état de propreté et d’hygiène est devenu inacceptable.

une situation qui ne cesse d’empirer

Au Conseil municipal genevois, voilà des années que différents partis tirent la sonnette d’alarme en déposant motions sur motions. Rien ne change ! Les caméras de surveillance installées dans le préau de l’école Pâquis-Centre n’auront vécu que quelques jours après leur pose. Autant dire que caméras, médiateurs de rue, patrouilles de policiers municipaux, nettoyages renforcés n’ont aucun effet sur une situation qui ne cesse d’empirer.

sanctuariserphoto2.jpgl'école est un lieu sacré

Dans une République moderne, l’école doit être et doit rester un lieu sacré. C’est là que se construisent nos enfants. Ils n’y acquièrent pas seulement des savoirs, ils y développent aussi leur libre-arbitre, leur capacité de vivre avec d’autres. C’est là qu’ils forgent leur futur et renforcent leur indispensable autonomie. Face au danger, il faut restituer aujourd’hui à l’école sa fonction première. Il ne sert à rien de s’entêter à faire cohabiter dans les locaux scolaires des activités et des populations aux intérêts contradictoires et qui n’ont rien à y faire. L’esprit libertaire, le « flower power » des années ‘70’ et ‘80’ est mort et bien mort. On peut le regretter mais, la nostalgie ne doit pas nous faire oublier nos responsabilités.

la lubie dépassée d’une convivialité disparue

On ne peut pas sacrifier l’espace scolaire à la lubie dépassée d’une convivialité depuis longtemps disparue. On ne peut pas laisser l’école étouffer sous l’occupation abusive de son espace vital par des groupes et des activités qui nuisent au développement de nos enfants. Nous sommes arrivés à un stade où il nous faut questionner notre modèle de développement urbain. Une cour de récré n’est pas une place publique. La surexploitation et la densification outrancière de l’espace vital conduit tout droit au conflit.

IMG_2918.jpgSanctuariser l’école et rendre à sa mission sacrée l’usage exclusif de ses locaux et de ses préaux est une mesure urgente et indispensable.

Pierre Gauthier