27/01/2016

Une femme d'honneur

images.jpgJ'ai eu l'occasion de côtoyer Madame Taubira lors de la campagne présidentielle de 2002 où elle était candidate de mon parti d'alors, le Parti Radical de Gauche. Elle m'a toujours semblé tenace, courageuse et surtout profondément laïque et républicaine. Je me souviens aussi qu'après le premier tour, elle a été éclaboussée, parfois violemment - comme l'a été aussi Jean-Pierre Chevènement - par les critiques acides et parfois même franchement "dégueu..." des caciques du PS qui lui ont reproché alors d'être responsable de l'échec de Lionel Jospin. Ces derniers oubliant sans doute que c'est uniquement la politique de L. Jospin qui a conduit à son échec. Rien d'autre.

 

dérive mortifère
Au vu de la déliquescence idéologique et de la dérive mortifère qui ronge et gangrène aujourd'hui le PS, je ne peux que constater combien le discours tenu en 2002 par Madame Taubira était sans doute le seul qui aurait permis à mon pays d'origine de sortir de l'ornière dans laquelle il se trouve aujourd'hui
... S'il avait pu être appliqué.

Après les mandats chiraquien, sarkozyste et (un demi) hollandais... Que reste-t-il de l'espoir suscité par la victoire de la gauche mittérandienne en 1981. Celle qui avait promis de "changer la vie" avec une "force tranquille" et qui a finalement renié presque tous ses idéaux pour s'abimer dans le "libéral jacobinisme" ?

que reste-t-il ?
Que reste-t-il de l'ambition sociale ? Rien... si ce n'est des ghettos et des zones de non-droit. Que reste-t-il de l'ambition d'égalité des chances pour tous ? Rien... si ce n'est des zones de perdition où l'intégrisme religieux a exclu la loi républicaine. Que reste-t-il du droit à l'emploi ? Au logement ? À la formation ? Rien, rien, rien. Madame Taubira est une authentique femme de cette gauche progressiste et républicaine que les éléphants pathétiques d'un PS, sclérosés par le pouvoir, ne peuvent que détester. Ils ont eu raison d'elle.

Eugène_Delacroix_-_La_liberté_guidant_le_peuple.jpgune femme d'honneur
Je ne suis pas pour autant un inconditionnel de sa politique, loin de là. En revanche je suis très admiratif de son parcours comme des courageuses et courageux qui n'hésitent pas à mettre les mains dans le cambouis pour tenter de remettre la machine en route.

Les lazzis, les grossièretés sans fondements, les insultes et les rumeurs mensongères n'y changeront rien.

Comme Simone Weil, comme Françoise Giroud, comme Jeanette Boughrab, Céline Pina, Elizabeth Badinter et bien d'autres, Christiane Taubira fait partie des femmes d'honneur de la république.

Bien à vous
PG

 

le clip de campagne de Christiane Taubira de 2002

les programmes historiques du Parti Radical de Gauche français

26/01/2016

Le mot de trop

Décidément, les destructeurs du Musée d’Art et d’Histoire de Genève, à défaut d’arguments ne manquent pas d’imagination. Selon ces iconoclastes, l’affiche du comité référendaire signée Exem  « Non au saccage de notre patrimoine public » serait antisémite. Oui, vous avez bien lu : antisémite. Rien que ça !

Cela a commencé avec une première allusion, perfide, dans le journal « le Temps » sous la plume du journaliste Olivier Francey, qui écrit : « Certains y ont vu une figure du Juif-vampire dont le régime de Vichy … avait fait un outil de propagande antisémite. »

https://www.letemps.ch/culture/2016/01/13/campagne-causti...

Cela a continué dans la rubrique l’invité de la Tribune de Genève où l’ancien Conseiller d’État, G.O. Segond a osé déclarer : « Cette affiche caricaturale rappelle la sinistre propagande d’un autre temps, celui des années 30. »

http://www.tdg.ch/signatures/reflexions/MAH-quand-on-s-en...

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31/12/2015

Non je ne signerai pas la lettre anti-Medeiros

o-CHAPUZA-RESTAURACIN-CUADRO-ZARAGOZA-570.jpgJe résume pour celles et ceux qui n'auraient pas tout suivi:

1/ L'actuel président du Conseil municipal, Carlos Medeiros, a écrit des énormités sur le réseau FaceBook à la suite de la manifestation nocturne de petits nervis fascistes qui ont saccagé certains bâtiments du Centre-Ville genevois.

2/ Ledit Carlos Medeiros a traité un élu municipal socialiste - qui n'est également jamais en mal de provocation sémantique - de "trou du cul".

3/ L'élu socialiste, mécontent d'être ainsi traité, propose aux autres élus de cosigner un courrier par lui rédigé et adressé au Conseil d'Etat afin de mettre le vilain président au coin avec un bonnet d'âne et de lui faire copier cent fois "je dois être gentil avec mes petits camarades et ne plus les traiter de trou du cul"...

4/ Le courrier - faisant fonction d'appât pour journaliste en mal de copie durant la trêve des confiseurs - est publié dans la presse local genevoise.

Non, nous ne sommes pas dans une cour de récréation d'enfants de 8 ans! Vous faites erreur: nous sommes dans un parlement communal genevois élu pour 5 ans au suffrage universel... Ça fait peur hein? Oui, ça fait peur!

3377-1770-3729-1-showcase_super.jpgPetit rappel pour celles et ceux qui auraient manqué le début:

1/ FaceBook est un lieu où la parole (l'écrit en fait) est très largement désinhibée. Chacun semble en effet s'y lâcher plus ou moins souvent pour exprimer sa frustration, sa rage, ses états d'âme, ses goûts ou d'autres "ressentis autoscopiques" qu'il vaut certainement mieux faire exploser que garder par devers soi... En d'autres termes, à côté de son rôle de maintien de liens sociaux distendus par le temps ou l'éloignement, FaceBook est un outil cathartique voire un "objet transitionnel" aussi utile et indispensable à certains que l'est un doudou d'enfant.

Nul besoin de s'offrir un ulcère à l'estomac quand FaceBook offre une telle possibilité défoulatoire n'est-ce pas?

2/ Que Carlos Medeiros ait franchi les limites du bon goût et de la correction en appelant à "prendre les armes" ou en traitant son collègue pompier pyromane de "trou du cul", c'est une évidence.

3/ Que l'élu qui s'est senti insulté ait sauté sur cette occasion, inespérée, de "faire parler de lui dans les médias", c'est une autre évidence.

4/ Que la majorité écrasante de la population genevoise n'ait strictement rien à faire de ces rodomontades de sales gosses capricieux, mal élevés et visiblement en mal de reconnaissance, c'est une évidence également...

9782226013675.jpgConclusion:

Je ne signerai pas la lettre "anti Medeiros" car je n'ai rien à faire de ces gamineries qui ridiculisent la fonction d'élu.

Je conseille enfin, amicalement, à ces deux élus:

1/ de consulter afin qu'ils puissent résoudre leurs problèmes existentiels avec l'aide de professionnels sans qu'ils n'éprouvent l'impérieux besoin de polluer la place publique de leurs querelles enfantines et vaniteuses;

2/ de consacrer leur énergie à leur mandat plus qu'à leurs égos surdimensionnés afin de ne pas décevoir les trop rares citoyennes et citoyens qui les ont élus en croyant naïvement que la politique "ça sert à quelque chose."

Bonne ânée!!! PG